Gigi descend l’ Amazone sur un bateau!

Adios querida Colombia por hoy, Ola Brazil!

Apres l’Amazonie colombienne, petit passage de frontière a Tabatinga, côté brésilien. Les PPs étaient renseignés : il fallait être parmi les premiers pour saisir les meilleurs spots de hamacs sur le bateau qui allait les emmener à Manaus… Alors ils se sont rappelés les plans concerts en fosse et sont arrivés à 8h au port. Et celà sembla être une belle performance puisqu’ ils arrivèrent en deuxième position derrière Belle, une autre touriste pas du coin avec qui ils se rapprocheraient.

8h donc. Ce qui était en réalité déjà très tard pour les colombiens, semblait très tôt pour les brésiliens dont l’arrivée, elle, s’échelonna entre 10h et midi. Quelques 200 personnes au total, 5 files. Des voyageurs seuls, en couple, en famille ou entre collègues. Et quelques 400 bagages en tout genre : sacs et valisettes certes, mais aussi cartons, meubles, lampes, instruments et marchandises. Après quoi il fallut compter quelques minutes pour se défaire des formalités douanières, suivies d’une grosse demi-heure de fouille olfactive de tous les bagages posés en ligne au sol par les chiens douaniers, quelques snacks pour tenir, quelques jeux pour dompter l’attente, quelques blagues pour délier les langues, une femme revenue d’ on ne sait où se faire mettre devant Belle parce que soit disant elle était initialement arrivée la première (puis repartie mais l’ histoire n’ en tient pas compte), sa copine qui elle n’ avait pas de faveur mais quand même   la primeur et quelques 10 fois poser la question au gars entreprenant qui paraissait être le responsable de l’ organisation: « C’est quand qu’on y va ? » et 10 fois se faire entendre « agorra »… Bref, l’ ambiance était à son comble et Gigi commençait à souffler comme une buffle… Un changement de pays, ça ne s’invente pas faut se faire aux nouveaux repères et à une culture déroutante…

Quand enfin le top départ fut donné pour les 7 premiers passagers… ouf ils en étaient !

Ils démarrèrent en trombe derrière Belle, ils avaient déjà repéré les places convoitées mais se rendirent très vite compte que le bateau qui les emmèneraient à Manaus était en fait celui de derrière… Qu’à cela ne tienne… Alors re course, re portage, montage des escaliers depuis la cale près du moteur pour arriver sur le pont, traverser le terrain de foot (mais oui mais oui bienvenue au Brésil) puis arrivée à l’étage, un open space plus cosy à l’avant du bateau proche de la cabine des capitaines qui se relayeraient… Le premier choix fût de se placer proche d’une paroi angulaire, le plus loin possible des sanitaires (adossés à la cabine des capitaines). La technique de l’isolement et la parade à la dérobade des voleurs potentiels. Et c’était partie pour l’installation des hamacs. Ils étaient satisfaits.

La foule, elle, arrivait encore, mais rien du monde attendu comme expliqué sur le forum des voyageurs… Une nouvelle arrivante vint occuper l’espace laissé contre le muret au-dessus du pont, obligeant Belle à se décaler. Il fallut déplacer l’équipe. Plus tard ils remarquèrent que les voisins avaient leurs hamacs plus tendus, plus hauts, plus espacés. Il fallut de nouveau modifier l’agencement de leur petit coin de vie et d’intimité pour les 4 prochains jours : trouver une bonne balance entre trop bas et manquer d’air (chaleur intenable la journée), trop haut et manquer de tomber mais assez au centre pour éviter qu’un nouvel arrivant n’installe son hamac au-dessus (comme les PPs l’avaient lu sur le forum des supers conseils aux voyageurs de leur destination), et aussi il fallait prévoir assez loin et proche à la fois des voisins latéraux pour encore une fois ne pas laisser un espace proche se faire convoiter mais ne pas non plus se retrouver sur le voisin lors des balancements… Bref, il y auront passé une bonne heure, en mode boot camp warrior…

Le temps que les moteurs chauffent et 16h sonnait, engageant enfin le monstre de fonte sur son fleuve…

Et c’était parti pour 4 jours et 3 nuits de traversée à 28 kms heure sur l’Amazone. Quelques 800kms à parcourir à un rythme lent. Très lent. Une chaleur étouffante la journée, des nuits courtes et agitées, des hamacs qui s’avérèrent très confortables en mode solo chill et sieste, un peu moins en mode nuit a deux serrés.

Coté hygiène —– le relecteur a préféré supprimer ce paragraphe pour ne pas heurter la sensibilité des sensibles. Mais Gigi – dans sa bulle – mais surtout dans les cabines suffocantes et odoriférantes utilisées comme salles de douche / WC, Gigi arrivait à se laver à l’eau glacée deux voire trois fois par jours. Et dans l’open space des hamacs il y avait des éviers et miroirs, de sorte se lavait les quenottes en public et buvait quelques litres quotidiens d’eau fraiche et filtrée.

Quant à son régime alimentaire ce n’était pas une mince affaire. Elle dut sauter quelques petits déjeuners servis à peine le soleil levé à 5h45 du matin (Et quel dommage de passer a cote d’un café trop sucré et d’une tranche de pain pas bon…), mais se rattrapait sur le déjeuner servis à 11h15 ou le diner de 17h… Un rythme perturbant au début auquel elle se fit comme tout le monde. Et pour le contenu : viande de bœuf en ragout, poulet, pâtes, riz et légumes, le tout en soupe sauce réutilisées de repas en repas, de quoi provoquer de belles touristas à la moitié des passagers…. Pas de produit laitier, pas de frais, pas fruits ni de crudités. Pas de desserts non plus, un vrai menu de croisière 5 étoiles…. Qui brisèrent la glace et furent le début de belles complicités entre les passagers. Car oui la routine s’installa vite et les occasions ne manquèrent pas de complémenter les regards par le dialogue avec les colocataires.

Le matin c’était rigolade générale après le petit déjeuner, puis lecture (de la bible pour beaucoup quand même), toilette et échange de regards. Puis les plus bienveillants sonnaient le glas pour le déjeuner sur la grande table en bas dans la cale a côté des moteurs où l’air est suffocant et l’on ne peut que se lever ou crier pour se passer l’eau ou le sel ou la farine de manioc…

L’après-midi c’était moment calme et chacun s’adonnait à son passe-temps de prédilection : contemplation du grand fleuve, des autres embarcations, des villages dépassés, des cabrioles des dauphins roses, mais aussi jeux, pédicure, peinture sur corps, télé, lecture, guitare en chanson, sieste, douche, soin et hydratation. Et bien souvent on se retrouvait en petit bout de famille d’adoption pour partager ces moments chaleureux (dans tous les sens du terme).

Puis le soleil déclinait et la fraicheur laissait place à un peu d’action, de la défoulade conviviale… et les équipes de foot se constituaient sur le terrain. Papa PPs osa se lancer, sans regret. Avec aussi entre autres, Hugh, un australien de Melbourne super chou d’après Gigi, avec Mikael, un boxeur bien bâti d’après Gigi aussi, et enfin Jeanio, adepte de la bible et amoureux de Eros Ramazotti, bien rigolo. Quand le terrain était libre c’était au tour des enfants ou des familles (comme celle des PPs) de se lancer dans un foot, un chat ou un peu de capoeira. Et puis tout le monde se retrouvait au balcon pour le merveilleux coucher du soleil sur les berges et la forêt… La nuit tombait vite vers 18h, et après leur toilette les PPs retrouvaient les voisins de hamacs et compagnons de jeu sur le pont pour des parties de dominos endiablées et des Scopas sur fond de musiques brésiliennes.

4 jours et 3 nuits sur un bateau brésilien à descendre l’Amazone et le temps s’arrête… Bercés par la rotation du soleil…