Chutes on tourne ! Iguaçu sous les projecteurs.

Notre Gigi continue son aventure au centre du continent Sud-Américain. Et là elle est saisie par un éblouissant spectacle : les incroyables chutes d’Iguaçu, à cheval sur la zone Paraguayo-brésilo-argentine (ladite zone des 3 frontières, même si Gigi laissera le Paraguay pour plus tard).

Foz do Iguaçu au Brésil : Gigi est escortée dans le parc en bus touristique puis accède par un court chemin bitumé à une nature balisée. Annoncée à l’entrée la grandiose scène est vite là devant Gigi : une myriade de chutes d’eau sur toute la surface du pano (ramique). La foule comme un long convoi qui se suit pas à pas et enchaine les plateformes (à selfies). Les pros de la perche vont même jusqu’ à capturer avec eux l’âme d’un gros lézard du coin ou un de ces curieux coatis[1]. Les plus intrépides optent pour une descente aux pieds des chutes en rafting, sensations et ondées garanties. Et pour une poignée de nantis, ce sera les chutes de haut dans un bel hélico, n’en déplaise aux écolos.

Côté lusophone Gigi aura donc réalisé une balade accessible assortie d’une courte contemplation, une digne attraction saupoudrée de touristes proches de leur image.

Côté argentin, le lendemain, Gigi doit s’éloigner pour se rapprocher d’une nature moins accessible, encore sauvage et définitivement surprenante.

Puerto Iguazu en Argentine donc : sa réserve immense, à fouler à pied ou à train, son petit musée d’intro hyper sensibiliso-pédago-ludique avec son lot d’informations sur Iguazu, son biotope, son histoire et ses habitants, faune, flore et populations indigènes, ainsi que son marché d’artisanat guarani[2].

Plus tard et plus loin l’effort et la belle récompense au bout du chemin : étendues d’eau à perte de vue, vie aquatique et aérienne, mares et rivières, le biotope à portée de nos yeux, la beauté du lieu, une immersion sans bruit et une rencontre à distance depuis la passerelle aménagée sur pilotis.

Pas un téléphone de sortie.

Inaperçue la Gigi.

Sous-elle, passerelle et œufs dans le nid.

Goutte de Muchileros[3].

Tourbillon de papillons.

Jaune paille et reflets or.

Réunions des moustachus poissons, grues et hérons.

Eaux marécageuses. Eaux limpides et calme. Eaux intrépides et sauvages qui chutent.

Vertigineuses chutes. Bruyantes. Gigi trempée. Gigi tonifiée.

Retour apaisant.

Pure contemplation. Présent saisissant.

Des chutes et des coatis. Gigi l’aura bien compris. Oui mais pas que. Et non. Foz vs Puerto aussi. Deux idées de la conservation, deux stratégies de développement touristique et deux approches culturelles sans doute aussi… Contrastes troublants, vertige saisissant.

L’occasion de s’interroger et de se positionner.

Temps suspendu pour Gigi qui pour l’heure savoure cette nature sauvage et généreuse, une ode à la lenteur, une rencontre unique avec le biotope d’Iguaçu et ses habitants premiers.

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[1] Le coati est un curieux mammifère de la taille d’un gros chat gris à rayures avec un long museau et un instinct curieux très attachant. Mais attention ils peuvent mordre…

[2] Les Indiens Guaranis, dont certains vivent encore en tribus en forêt, viennent vendre leur artisanat en direct à l’entrée du parc côté argentin. Peu parlent l’espagnol mais Gigi s’y arrête un instant, échange et reçoit son lot de sourires.

[3] Les Muchileros sont une espèce d’oiseaux qui forment des nids en forme de bourse ou de goutte. Leur chant très particulier produit quand ils se penchent pour nourrir leurs petits dans le nid ressemble au son d’une goutte d’eau qui tomberait.

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