Merveilleuse Amazonie…

Un billet un peu long sous l’émotion de la Gigi… mais bientôt suivi d’une vidéo ;p

Après avoir traversé tout le pays, Gigi a atterri à Leticia, l’enclave urbanisée tout au Sud de la Colombie, et soit dit aussi en passant au beau milieu de nulle part. Ou si, un peu au milieu de la plus grande forêt au monde. Une petite bourgade fort sympathique dont le développement modéré et harmonieux inspire à la détente et la découverte en mode mi local, mi éco-tourisme.
L’aéroport est riquiquimignonet et accessible à pied. Au centre on trouve une petite placette avec son petit parc où les lorros (les petits perroquets verts) viennent au crépuscule en paire se retrouver pour un chant… en parfaite disharmonie. Et ça caquette, et ça balance des fientes odorantes depuis les cocotiers… Les ptits PPs eux cohabitent en profitant des jeux et des équipements de sport (comme partout en Colombie) au milieu des ados, des parents, des plus vieux… Un vendeur passe avec son chariot et on lui prend 3 palitos à la noix de coco (petite glace sur un bâtonnet) à 1000 pesos l’une soit 35 centimes…
En face, les rues descendent et conduisent la Gigi à un petit marché dont une partie semi bâchée. Elle y trouvera son hamac pour le bateau (ne ratez pas le prochain épisode de Gigi sur le fleuve Amazone!)

Et Gigi, elle a bien ressenti l’air chaud et humide du lieu. Alors elle en a profité pour se faire un petit plouf dans la piscine de l’hôtel Zuruma avec les ptits PPs.
Le temps d’un jus frais et hop, Elvis le guide débarquait pour nous parler des possibilités exploratoires du coin. Elvis, c’est un enfant du pays, et c’est aussi lui qui a fait découvrir l’Amazonie comme jamais à nos copains qui vivaient en Colombie avec leurs enfants, une super référence quoi. Du coin de l’œil, Gigi observe un serrage de mains, le signe d’un accord parfait.

 

Quelques instants plus tard Elvis débarquait avec l’attirail : bottes de caoutchouc hautes (jusqu’ aux genoux, pas de blague), ponchos de pluie, lampes frontales et bouteilles d’eau. En complément pour remplir leur mission, les PPs se vêtiront sur presque toute la surface de leur corps (et regretteront de ne pas s’être doté d’un casque complet avec visière et cache cou) et s’appliqueront de l’anti-moustique sur toutes les surfaces visibles de leur corps qui restaient (C’est à dire plus beaucoup mais quand même bien trop assez comme nous le verrons juste après).

Et 18h sonna. Le glas. Gigi et ses PPs partis pour une promenade singulière : une petite caminata nocturna (marche de nuit) dans la réserve naturelle d’Agape. Ambiance marche dans l’inconnu, jungle humide et chaude, singes bruyants mais invisibles (des douroucoulis aussi appelé singes-hiboux ou singes de nuit, la seule espèce nocturne au monde), bruits d’insectes et chants d’oiseaux nocturnes… petite déambulation qui démarre sur un sentier boueux avant qu’Elvis ne passe aux choses sérieuses en bifurquant dans la forêt dense. Les choses se compliquèrent à mesure que la végétation devenait plus serrée et les bruits plus proches et plus intenses… Les arbres, les lianes, le sol, les cris, les sifflements, tout paraissait hostiles aux PPs.

Et la magie opéra à l’issue du lent processus, une progression inédite, une attente palpitante d’où découla un moment exquis :

Elvis le passionné leur faisait découvrir la beauté des animaux moches, l’inoffensivité des petites bêtes effrayantes, le charme d’une faune et d’une flore mal connue et mal appréciée… Sombre clarté. Clair-obscur. Lumière sur la vie nocturne ou comment la Gigi s’est faite amie avec la tarentule, qui bien qu’elle engloutisse son partenaire une fois fécondée présente un tempérament tout calme et un velours tout doux. Les couleuvres locales n’avaient pas de secret pour Elvis non plus et se laissaient bercer entre les mains des PPs. Leur sang tout froid et leur odeur pestilentielle ne dérangeait plus mais interrogeait les PPs sur leur capacité à trop vite se laisser aller aux préjugés. Les seuls avec qui les PPs n’étaient pas prêts à trop se lier c’était les moustiques. Quelle plaie, quelles teignes, ils se faufilaient partout jusque sous les chaussettes dans les hautes bottes et sous les cheveux…

« Et les moustiques nous piquent nous piquent nous piquent… – et la tête et la tête aille – Ça devient dramatique, matique, matique, on n’y peut rien, mais ça prouve bien, que les moustiques, adorent la musique ! (Petit intermède musical ou ode à la professeure de musique du collège de la grande PPs).

Et puis Elvis évoqua les légendes indigènes… Il amena les PPs sur un chemin et tous se retrouvèrent dans le noir complet. Leurs yeux s’habituèrent à l’obscurité alors qu’ ils distinguaient comme un chemin ponctué de points de lumière juchant sol et bas tapis de la forêt. La lumière de la lune, comme un signe des ancêtres, de leur présence et de leur appui. Leur communication avec le monde de la forêt et les peuples indigènes. Silence. Les PPs se laisseraient ils tenter par la proposition d’Elvis et se voir déposer ces points de lumière au creux de leur main ? La curiosité l’emporta sur l’appréhension et ils se rendirent bientôt compte qu’il ne s’agissait pas d’un animal. Cette chose ne présentait pas non plus de température remarquable ni même de matière particulière au toucher à l’aveugle. Plutôt léger et petit. Mais quoi donc ? Alors Elvis ralluma la frontale et les PPs découvrirent le phénomène…une simple feuille… Gloussements. Nouveau silence propice à la réflexion.
Nouveau départ vers les liens que forment notre cortex droit et gauche. Gigi perplexe.
Elvis conclura par cette phrase cinglante : Et sinon l’explication scientifique veut que ce phénomène lumineux soit produit par de petits champignons de la Selva

 

Les jours qui suivirent Gigi & the PPs s’éclipsèrent plus en amont du grand fleuve Amazone, à quelques 2h en bateau dans un petit village de la communauté de Mocagua (accessible également à pied par la forêt amazonienne, à ses risques et périls).

La communauté s’organise autour du tourisme dans une ambiance simple et conviviale : une famille est en charge de la location de chambres pour les hôtes, une autre les accueillera pour les repas du midi, une autre encore gère la petite épicerie, une quatrième au bout du village propose du wifi. Et chacun contribue à sa façon, proposant de l’artisanat, l’observation des oiseaux ou de la faune sylvestre ou encore la visite de la casa Micos, la fondation Maikuchinga, un refuge de quelques singes rescapés à qui l’on apporte soutien et moyens pour digérer un traumatisme, reprendre confiance et retrouver de leur autonomie avant la réintroduction dans leur milieu naturel. Un bel endroit à l’orée de la forêt, une belle initiative qui a contribué au changement des mentalités depuis 3 décennies. Chasse et braconnage laissent maintenant place à une belle prise de conscience et dès qu’un primate vulnérable est découvert, il est amené à la casa Micos.

De prima bord, Gigi s’est un peu méfiée de Camélo, le singe capucin venu nous accueillir en nous montrant ses canines. Il s’est ensuite mis a fouiller dans les bottes des ptits PPs, ou alors il a voulu les chatouiller, l’effet fut le même, éclat de rire général… Et puis Gigi a baissé ses cornes et Camelo sa garde. Ils se sont entretenu dans un langage bien à eux. Il lui a narré l’histoire de son copain arrivé il y a peu après avoir été sauvé du bec d’un aigle par un pêcheur, et présenté une petite famille de Monos Bebeleche venue de la forêt pour déguster quelques fruits, des voisins de 30 cm au pelage noir fauve et à la silhouette de chat de profil et la face de chauve-souris.

Mais Gigi a aussi fait connaissance avec les dauphins, les roses et les gris, peu farouches, plutôt joueurs et pécheurs. A Puerto Nariño un peu plus loin, elle a découvert des reproductions en bois local à taille réelle de la faune des environs à la fondation Natatumo. Le Pirarucu, le plus gros poisson du fleuve, ou encore le Manati, la vache d’eau – non pas qu’elle ressemble à Gigi, mais sa viande serait similaire. Sans commentaire. Puis dans le noir, une reproduction d’une plage à la nuit sans lune, du sable froid au sol, des bruits d’oiseaux, d’eau et des cris dans la nuit. Les légendes indigènes continuent de fréquenter les esprits, construites autour du Dieu Dauphin qui enfante les femmes quand elles s’approchent du grand fleuve les jours de règles ou encore les jeunes enfants disparus trop tôt, emmenés au pays des sirènes au fond du fleuve. Et oui les ptits PPs les enfants peuvent respirer auprès d’elles. Elles les élèveront pour les épouser ensuite. Ptit gars PPs fait la moue. Ptite nana PPs goutte une glace au Copoaçu (un fruit du cru a l’apparence de patate mais a la chair fraîche et au goût semblable au cacao. Très riche en vitamines, minéraux, enzymes, acides aminés et fibres…).
Gigi monte au mirador saluer Lola, une grande Ara bleue d’un arbre du coin, et contempler la vue imprenable sur les environs. Et le temps n’avait plus d’emprise sur elle, ni sur les PPs.

Au menu de Mocagua Gigi profite de la vie coupée du reste du monde. Foot ou chat perché avec les enfants du village, pataugeage dans la boue du lac aux lotus (et ce petit caïman qui restera caché heureusement) … ou encore escondido (cache-cache) au pied de l’arbre aux Mochileros (Petite parenthèse : Vous vous souvenez de ces oiseaux fantômes qui avaient construit leurs nids en forme de sac sur le palmier d’ El Amargal, face au Pacifique, et bien ça y est nous les retrouvions, et comprenions qu’ ils étaient partis migrer vers l’ Est… Et quels drôles d’oiseaux… de grands, très grands corbeaux dont la queue en vol découvre un beau jaune paille. Les mâles en venant nourrir leurs petits émettent un son très fort et caractéristique, un peu comme une énorme goutte d’eau qui tombe du robinet mal fermé sur l’inox de l’évier, un son associé à leur tête qui se voûte rapidement vers le bas pour nourrir les petits restés dans le nid – une association son et image très particulière, très distinctive, très attachante, très drôle… Fin de parenthèse)

Gigi elle jouait dans le squelette d’une tortue Mata Mata (du nom de la rivière voisine), ou mieux dans le crâne d’un caïman. Quant aux grand PPs ils se sont adonnés au tissage de panier ou à l’observation des oiseaux du coin, au très petit matin. Promenade en canoé sur la rivière Mata Mata (du nom de la tortue qui la peuplait donc), feuilletage de l’encyclopédie des oiseaux d’Amazonie (quelques 1700 espèces), scrutage des feuillages – mais aussi des rondins de bois flottants, mirettes grandes ouvertes dans les jumelles, oreilles tout ouïes, et ils en ont pris plein la vue et les oreilles, avant l’heure du réveil, comme dans un rêve…

Une belle immersion. Une fantastique inspiration. On s’en doutait mais on ne réalisait pas l’envoûtement, la flore et la faune si présentes … Et c’est sans parler de ces habitants du coin qui ne constituent pas que des légendes et qui parfois croisent la route de nos hôtes, de nos cousins ou même proches copains passés par là : anacondas, paresseux, boa constrictors, caïmans, et même quelques jaguars très rares…

Bref, la liste est longue et le temps nous manque… mais nous reviendrons, promis, grandiose Amazonie ! Gardons cette ferveur et une conscience de par le monde en chaque instant pour que perdure ta magie !

 

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